Le 28 janvier, je demandais, agacé par les nombreuses erreurs commises ces dernières années, la démission d’Henri-Joseph Theubet dans le Quotidien Jurassien. Dernier scandale en date: dans de nombreux médias, plusieurs policiers jurassiens ont témoigné des méthodes de management scandaleuses d’Henri-Joseph Theubet. Ils ont également révélé que le chef de la police jurassienne exigeait de la part de ses hommes des pratiques interdites par la loi. Enfin, il nous ont appris que 17 démissions avaient été enregistrées en 2009.

H-J Theubet était déjà contesté lors de l’affaire dite « des BMW », où il n’est toujours pas exclu, bien qu’il ait été blanchi, qu’il ait trempé dans la combine. Il avait alors affirmé n’avoir jamais eu connaissance de la grande arnaque qui se préparait dans ses bureaux. D’après moi, même s’il n’a pas joué le rôle du complice mais celui du didon de la farce, il aurait du être démis de ses fonctions, pour la simple et bonne raison qu’il n’a donc pas été capable de contrôler le fonctionnement de son service. De plus, il n’est aujourd’hui pas exclu qu’il ait orchestré le scandale du Pornogate. Ceci dans le but de nuire à Yves Maître à qui Henri-Joseph Theubet vouait une haine ouverte.

Avec mon courrier politique du 28 janvier, je voulais en fait aborder un problème plus large que la simple question du chef de la police. J’avais envie d’exprimer mon ras le bol à l’égard de certaines pratiques de la politique made in Jura. J’en ai aujourd’hui marre que les affaires remettant en question les magnats de la vie publique jurassienne soient étouffées, marre que des réglements de compte (pornogate) soient monnaie courrante et marre que les hauts fonctionnaires proviennent de la famille des ministres. Plus généralement, j’en ai véritablement ma claque que le clientélisme et le « copinage » soient dans ce canton rois.

Il y a 40 ans seulement, les Jurassiens étaient la minorité francophone d’un grand canton allémanique. À cette époque, ils devaient se battre pour que leurs droits soient reconnus et peu d’entre eux occupaient des places de choix en politique ou dans l’administration cantonale. Aujourd’hui, le Jura est libre, mais la politique jurassienne n’est pas pour autant suffisamment au service de la population. Certains clans se partagent le pouvoir, comme si les révolutionnaires d’hier étaient devenus des dictateurs. Henri-Joseph Theubet m’énerve, parce qu’il est la parfaite incarnation de ce phénomène!

Merci à Spitz pour cette magnifique affiche.

Publié par : jchapat1 | janvier 5, 2010

La presse, véritablement objective?

Pour cette année 2010, je souhaite à la presse d’effectuer un traitement plus équitable,  moins partial de l’actualité. Je leur reproche un peu de donner énormément de poids aux sujets choc et si peu à des thématiques moins génératrices de conflits mais ayant souvent un impact majeur sur notre société. Dans le cas suisse, ce problème a entre autres conduit à l’incroyable médiatisation de l’UDC et de ses préoccupations polémiques. Par exemple, l’initiative anti-minaret aurait pris nettement moins d’ampleur si les médias n’en avaient pas fait un tel foin. L’explication d’un tel phénomène est simple: l’UDC joue le le rôle des médias en placardant des affiches choquantes, et les médias, par soucis d’audience, jouent le jeu de l’UDC en leur accordant une place démesurée. Un cercle vicieux est bel et bien enclenché. De cette manière, les autres partis seront bientôt condamnés à adopter une communication agressive, choquante et mensongère s’ils ne souhaitent pas être marginalisés du jeu politique.

Les médias accordent également beaucoup trop de place au fait divers tragique, et occultent trop souvent les sujets complexes. L’exemple de la rétrospective 2009 de la TSR est édifiant: on parle du procès Stern, de l’affaire Polanski ou des victoires de Federer. Par contre, les problèmes environnementaux sont relégués au second plan et l’impressionnante crise alimentaire mondiale n’est tout simplement pas traitée. Autre exemple: les journaux radiophoniques comptent chaque heure les nouveaux morts par attentat, mais ne touchent que rarement un mot sur les décès liés à une eau insalubre, pourtant largement plus nombreux que les victimes du terrorisme.

Les humains n’ayant pas la science infuse, notre principal moyen d’information concernant l’actualité est la presse. Et si celle-ci effectue une sélection des plus subjective et partiale de la réalité, la perception de la réalité de chacun d’entre nous s’en retrouve faussée. Pour ces nombreuses raisons, il est désormais temps que les partis politiques et autres acteurs de la vie publique défavorisés par le fonctionnement actuel des médias dénonce cette inégalité de traitement flagrante.

Publié par : jchapat1 | décembre 10, 2009

Les Verts doivent adopter un ton plus offensif!

Le 29 novembre, les Suisses approuvent l’interdiction de la construction de minarets. Islamologues, Politologues et autres scientifiques étaient pourtant unanimes: en Suisse, les Musulmans ne sont pas une menace. Il existe par contre un autre problème, où le danger est imminent. Le 95% des spécialistes de la question établissent d’ailleurs le même diagnostique. Vous voyez peut-être où je veux en venir: je parle du réchauffement climatique.

À travers cette introduction, je souhaite mettre en exergue un paradoxe surprenant: les Suisses ont peur de ce qui est anodin et relèguent au second plan un problème majeur. Mais comment donc s’y prendre pour que la population se rende davantage compte des multiples ennuis bientôt engendrés pas le changement climatique?

Le réchauffement climatique aura pour effet de diminuer drastiquement la production céréalière (pourtant population mondiale en hausse = gigantesque famine),  d’inonder de nombreuses régions densément peuplées, et j’en passe. En Suisse aussi, les problèmes seront multiples. Par exemple, des réfugiés climatiques risquent de se précipiter par milliers à notre frontière. Mais malgré l’imminence de leur avènement, ces quelques phénomènes sont malheureusement trop peu connus. Peut-être que nous, les Verts, en sommes en partie responsables. J’estime que notre communication pourrait être améliorée. Eh oui, produire un discours intellectualisant et des affiches extrêmement softs conduit les électeurs à s’intéresser que marginalement aux causes que nous soutenons.

Tout bon Vert s’intéresse depuis toujours aux problématiques environnementales. Ce n’est  par contre pas le cas du citoyen lambda. Vu l’imminence du danger, il est pourtant crucial que les Suisses prennent  rapidement conscience de la gravité des enjeux environnementaux. Et c’est entre autre à nous, les Verts, qu’incombe la tâche d’informer tout un chacun.  Nous le faisons certes déjà, et notre discours est pertinent, mais la façon dont nous communiquons notre message doit être repensée.

Il faut revoir notre « propagande » électorale. Nos affiches doivent arrêter de se résumer à des slogans vides de sens, mais faire références à un problème bien précis. Il faut que celui-ci soit énoncé clairement. De plus, il est essentiel que notre ton soit plus offensif. Malgré qu’elles respirent la haine, la discrimination et le mensonge, les affiches de l’UDC ont toujours réussi  à choquer. C’est la raison pour laquelle le débat politique s’est uniquement focalisé sur des problématiques qui leur sont chères. Comprenez moi bien, il est clair qu’il n’est pas souhaitable que les Verts proposent eux-aussi des solutions réductrices. Et je suis persuadé que ce ne sera pas le cas.  Cependant, le style de l’UDC peut tout de même nous instruire quelque peu. Passons  nous aussi à l’attaque. De cette manière, nous interpellerons davantage, voire secouerons la population. Elle commencera ainsi  enfin à réfléchir sérieusement aux sujets « verts ». Et si un vrai débat naît en bas, les élites se bougeront elles aussi!

Le lundi 23 novembre, j’ai eu la chance d’être invité à l’émission politique de la rsr. Ceci parce que je propose une solution originale à la crise que traverse actuellement le Parti Socialiste. Le débat est à écouter sur mon myspace: www.myspace.com/josquinchapatte

Et voici ce qui a donné lieu à cet « affrontement » (bon enfant):

Le Parti Socialiste devrait s’imposer des quotas: 50% maximum des personnes inscrites sur ses listes, ainsi que 50% maximum de ses membres dirigeants devraient être titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur. C’est la seule solution pour créer une gauche au discours non-intellectualisant.

 

N’hésite pas à laisser un commentaire.



Cette semaine, le mur de Berlin est sur toutes les lèvres. Lundi, cela a fait 20 ans qu’il est tombé. J’ai moi-même vécu durant une année dans cette ville au passé fou . Pour citer Kennedy, « ich bin ein Berliner » gewesen. De mon séjour à Berlin, j’ai gardé cette très forte impression de pouvoir palper l’histoire, et ce malgré le fait que le mur et l’époque communiste m’apparaissent comme appartenant définitivement à une époque révolue, étant moi-même né en en 1987. Pourtant, en rencontrant bon nombre de Berlinois, j’ai remarqué qu’ils étaient encore aujourd’hui fortement marqués par le mur, alors que certains d’entre eux n’étaient même pas nés lorsqu’il est tombé.

Je fréquentais un lycée du sud-ouest de la ville, situé ainsi en ancienne RFA. Dans ma classe, un élève m’expliqua plusieurs fois qu’il évitait catégoriquement de se rendre à Berlin-Est (bien que le mur soit tombé, les Berlinois nomment encore les deux parties de la ville « Berlin-Ouest » et « Berlin-Est »). Il estimait qu’il n’avait rien en commun avec les habitants de cette partie de la capitale allemande. Cet exemple est un cas extrême. Parmi mes autres anciens camarades de classe, aucun ne partageait ce préjugé aussi tranché. Ils éprouvaient cependant une certaine méfiance, qu’elle soit consciente ou non, à l’égard de Berlin-Est. Par exemple, beaucoup d’entre eux faisaient la fête uniquement dans des boîtes de l’Ouest, bien que certains clubs de l’Est fussent situés à une distance équivalente.

Les élections nationales allemandes de 2005 tombaient lors de mon séjour linguistique. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt cette campagne. C’est donc avec plaisir que je me suis rendu au débat organisé par mon lycée. Les 5 formations politiques majeures étaient représentées. Les élèves soutenaient le CDU ou les Sociaux-Démocrates, quelques-uns les Libéraux et les Verts (moi par exemple). Par contre, die Linke, anciennement PDS, était la risée de la totalité de l’assemblée. J’en ai conclu que ce parti était dirigé par une bande d’incapables et d’illuminés. J’ai cependant dû réviser mon jugement quelques semaines plus tard, lorsqu’un ami m’a appris qu’il allait voter pour ce parti. Il m’expliqua qu’ils étaient les seuls à avoir un projet de société véritablement de gauche, et que cela lui plaisait. Cet ami habitait en fait en ancienne…RDA. C’est ici que j’ai compris qu’à l’Est, die Linke était considéré comme un parti à part entière, alors qu’à l’Ouest, il était perçu comme le repère d’une bande d’anciens communistes.

Les exemples de différences entre jeunes de l’Est et de l’Ouest sont légions. J’en ai ici choisi deux qui m’ont personnellement beaucoup marqué. J’imagine qu’il en existera durant plusieurs années encore. En effet, plus qu’une barrière physique, le mur était également une barrière psychologique. Et sur ce terrain-là, la réunification n’est de loin pas terminée.

N’hésite pas à me donner ton avis sur cet article.

Josquin Chapatte, Porte-Parole des Jeunes Verts Jurassiens

Publié par : jchapat1 | novembre 10, 2009

Exclusif! L’interview choc de Fréquence Jura.

Le 9 novembre, j’étais l’invité du journal de 7 heures de RFJ (radio fréquence jura). On a discuté de la course aux cantonales 2010, du côté oppositionnel des Verts, ainsi que de la chute du mur de Berlin. Voici le lien d’une page myspace sur laquelle tu pourras écouter l’intégralité de l’interview:

www.myspace.com/josquinchapatte

Beaucoup de plaisir, et n’hésite pas à me donner ton avis. Qu’ai-je bien fait de dire? Sur quoi aurais-je du insister? Trouvais-tu une de mes affirmations idiote?

Publié par : jchapat1 | novembre 2, 2009

Les exportations d’armes? La Suisse se prostitue!

Prends ce texte comme il est. Certaines parties se veulent ouvertement provocatrices. Pardonne-moi, j’avais envie de flanquer quelques baffes pour réveiller les consciences. J’espère quand même que cet article ne choquera pas ta sensibilité personnelle.

Les Suisses se rendront aux urnes le 29 novembre. Ils devront, entre autres, décider s’ils souhaitent stopper les exportations d’armes. Ce sujet est d’un intérêt rare, puisqu’il est en effet symptomatique de notre société. Il illustre à merveille nos mythes, nos « valeurs » et nos paradoxes. L’initiative du GSsA pose indéniablement une question bien plus fondamentale que de simplement savoir si l’on continuera à exporter des armes. En Suisse, la population, ainsi que les politiques donnent toujours la pondération maximale aux intérêts économiques. Ces choix se font bien évidemment au détriment de valeurs de justice sociale et de solidarité. Le 29 novembre, les Suisses continueront-ils à sacrifier l’éthique sur l’autel de l’économie toute-puissante?

L’affaire Kadhafi est une autre illustration de cette problématique. Par peur de subir des sanctions économiques de la part de la Lybie (grande productrice de pétrole), le Conseil Fédéral s’est excusé publiquement d’avoir arrêté Hannibal Kadhafi à Genève, et a ainsi mis entre parenthèses le principe d’égalité devant la justice. Si j’étais caricaturiste, je croquerais Hans-Rudolf Merz en fille de joie, prodiguant de douces caresses au colonel Kadhafi. Pour conserver ses avantages économiques, Helvetia n’hésite effectivement pas à longer les trottoirs…

Revenons-en aux exportations de matériel de guerre. Selon l’industrie nationale de l’armement, d’autres pays s’engouffreront dans la brèche si la Suisse quitte le marché des armes. Permettez-moi une hypothèse choquante afin de démontrer l’absurdité d’un tel raisonnement, s’il est appliqué à n’importe quelle situation. Imaginez… Dans une Europe allégorique, mais ô combien historique, les Juifs sont considérés comme un peuple inutile. La Suisse partage également ce point de vue, et produit, sans remords, du savon à partir d’ossements des descendants d’Abraham. Petit à petit, des voix contestataires se font entendre, affirmant que les Juifs ont droit à autant de dignité que les autres êtres humains. Il serait d’après eux immoral de soutenir pareille industrie. Malheureusement, la plupart des Suisses ne veulent pas renoncer à ce business, et évoquent le nombre d’emplois en danger pour donner davantage de poids à leur point de vue. De plus, ils estiment qu’abandonner cette juteuse activité n’empêcherait pas d’autres pays de reprendre le flambeau. Heureusement, tout est bien qui finit bien. Les Suisses de cette histoire font finalement preuve de bon sens, et accordent, cette fois, davantage d’importance à l’éthique et à la solidarité qu’à l’économie.

Selon l’industrie suisse de l’armement, notre pays exporterait du matériel de guerre uniquement dans des pays aux valeurs proches de celles défendues par la Suisse. Mesdames et Messieurs, êtes-vous certains que le Pakistan, réputé pour ses conflits armés, ainsi que l’Arabie Saoudite ont les mêmes valeurs que nous? Il est ici intéressant d’établir un parallèle avec l’initiative dite « anti-minarets ». L’UDC prétend que le minaret constitue le symbole de peuples guerriers et sanguinaires. Et pourtant, l’intégralité des partis bourgeois encourage les exportations d’armes dans les pays du golfe persique. Seulement voilà, lorsque le facteur « argent » entre en jeu, Ueli Maurer, Christophe Darbellay, Fulvio Pelli et consorts enfilent rapidement leurs strings et autres porte-jarretelles !

Bon nombre de Suisse accomplissent avec plaisir le service militaire, et associent ensuite cette période de leur vie à un bon souvenir. En Suisse, on joue ainsi à la guerre, mais on ne la fait pas. Pourtant, croyez-moi, au Pakistan les militaires tirent sur autre chose que des cibles.

Josquin Chapatte, Porte-Parole des Jeunes Verts Jurassiens

N’hésite pas à laisser un commentaire virulent.

Ce texte a été écrit par Gaspar, mon frère. Il a été envoyé à RFJ et au Quotidien Jurassien et devrait paraître, au nom des Jeunes Verts Jurassiens, ces prochains jours.

Quelques minarets en plus ou en moins vont-ils changer la face de la Suisse?

Il y a quelque temps encore, personne n’aurait pensé que les minarets poseraient un jour problème.  C’est aujourd’hui le cas, à cause des stratèges de l’UDC qui ont jugé bon de lancer une initiative  visant à les interdire. Mais ce ne sont pas quelques minarets qui vont changer la face de la Suisse.  Nous glisserons donc notre bulletin dans l’urne pour… rien.

Pas tout à fait finalement: cette initiative aura entre temps donné la possibilité à l’UDC de  s’exprimer sur quelques thèmes qu’ils affectionnent particulièrement (burka, excision, terrorisme, etc.) et de focaliser l’opinion publique sur un seul objet, laissant un traitement médiatique moindre aux autres. Ceci notamment grâce à leur affiche, tellement provocatrice que, si l’objet à voter n’est pas important en soi, la provocation vis-à-vis de la communauté musulmane est tellement grave qu’il devient impossible pour les médias de ne pas en parler.

Seulement, cette instrumentalisation des médias et de l’opinion publique n’est pas bénigne: elle renforce les préjugés envers la communauté musulmane. Elle attise la haine envers les musulmans et amalgame ceux d’entre eux qui habitent en Suisse à des terroristes, des dealers, des fauteurs de trouble ou des misogynes, selon les cas.

La réalité est tout autre: 300′000 musulmans vivent en Suisse, dont seulement 10% de pratiquants. 4 minarets ont été érigés en Suisse, le dernier en date étant haut de 3 mètres, à peu près  la taille d’un panier de basket… En outre, il importe peu à la communauté musulmane de pouvoir construire des minarets: ils font simplement partie de la tradition. Ces différents constats posent la question de savoir qui sont les intolérants et les provocateurs.

Finalement, ce n’est pas sur des minarets que nous allons voter, mais sur la place que nous voulons accorder à la communauté musulmane en Suisse: devons-nous la respecter ou lui interdire certains droits auxquels nous ne serions pas prêts à renoncer nous-mêmes?

Trois jours après la parution de ma tribune sur l’opacité dans le financement des partis politiques suisses (lqj du 13 octobre 2009), D.S. Miéville, chroniqueur à Berne, signait un article dans Le Temps sur le même sujet. Il part d’une constatation somme toute assez simple: lors de certaines campagnes de votations, les milieux de l’économie privée n’ont aucune position précise à défendre. L’issue du scrutin leur est égale, et ils n’investissent donc pas le moindre centime dans la campagne. De plus, si aucun parti ne juge le sujet suffisamment important pour casser une bonne partie de sa tirelire en sa faveur, aucune affiche ne sera placardée, aucune publicité publiée pour défendre tel ou tel point de vue.

À travers cet exemple, D.S. Miéville souhaite montrer à quel point la politique suisse est dépendante de l’économie privée. En effet, puisque les pouvoirs publiques ne sponsorisent pas les partis, ceux-ci tirent leur argent des contributions de leur membres et de leurs élus, ainsi que, pour les partis bourgeois (PDC, PLR, UDC), des dons de l’économie privée. Il en ressort, d’une part, que les partis de gauche ont peu d’argent, et qu’ils doivent donc bien réfléchir à l’usage qu’ils en font, d’autre part, que les partis de droite ont des finances ronflantes, mais qu’ils en font usage principalement lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de leurs puissants donateurs. La conséquence de ce système est que certains points de vue sont écrasés par d’autres.

D.S. Miéville en appelle alors à l’État pour financer les campagnes de votations, et ainsi mettre un terme à ce « déficit démocratique ». Il ne se fait pourtant guère d’illusions, et remarque judicieusement qu’il « n’apparaît pas que de larges cohortes vont se lever pour défendre cette solution. »

Celui qui laisse un commentaire intelligent recevra un bisous la prochaine fois que je le vois!

Publié par : jchapat1 | octobre 2, 2009

Sondage sur le financement des partis politiques suisses

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