Bien que souhaitant la même issue à la votation populaire du 13 février prochain, je porte un regard critique sur les affiches du comité d’initiatives « pour la protection face à la violence des armes. »

Sur  les  affiches  en   question,  flanquées  du  slogan  « protégeons  la  famille »,  un  ours  en peluche est couché sur le côté, une marque rouge sur la poitrine. En résumé, une peluche tachée d’un peu de ketchup est sensée sensibiliser la majorité des Suisses à la problématique des armes à feu à domicile. Cette affiche est mauvaise et peut-être même mensongère. Mauvaise, parce qu’elle ne suscite aucune réaction, ne provoque aucune émotion, hormis peut-être chez les enfants, tristes d’imaginer l’ourson mort. Malheureusement, ces derniers n’ont pas encore le droit de vote. De plus, les recherches en marketing politique ont aujourd’hui prouvé que les affiches « légères » comme celle du comité d’initiative ne sont efficaces que si elles sont placardées à de nombreux endroits et vues plusieurs fois par  les votants  potentiels, ce  qui ne semble par être le  cas de l’affiche en question. Il aurait donc été préférable d’opter pour une affiche marquant directement celui qui la regarde.

Outre le fait d’être médiocre, cette affiche est mensongère, puisqu’en utilisant des symboles positifs,   elle   fait   passer   les   meurtres   à   l’arme   militaire   pour   des   faits   banals,   voire   anodins. Comment voulez-vous, en effet, montrer aux votants qu’il s’agit d’un sujet extrêmement grave si l’affiche n’est ornée que d’une quelconque peluche? Une affiche exposant clairement le problème et susceptible de choquer celui qui la regard aurait du être préférée à la version actuelle. J’estime   que   les   affiches   chocs   sont   malvenues   lorsque   le   message   qu’elles transmettent ne reflète pas la réalité ou procède de raccourcis simplistes. Il ne faut, en revanche, pas hésiter à marquer les esprits lorsque la réalité que l’on souhaite transmettre avec l’affiche est d’une violence inouïe. La votation pour la protection face à la violence des armes ne porte, en effet, pas sur le taux de peluches par enfant en Suisse, mais bel et bien sur des drames atroces, des meurtres enlevant à intervalle régulier la vie à un ou généralement une de nos compatriotes. Cacher cette vérité sur l’affiche relève donc presque du mensonge.

Critique quant à la forme, je soutiens, en revanche, totalement cette initiative sur le fond et vous invite à aller voter le 13 février prochain.

N’hésite pas à réagir.

Publié par : jchapat1 | octobre 16, 2010

Quel développement démographique pour le canton du Jura?

Une récente étude de l’EPFL montre que le Jura, comptant actuellement 70’000 habitants, en comptera 75’000 en 2050 si nous réussissons à coopérer économiquement avec Bâle et la France voisine, les objectifs affichés du gouvernement jurassien.  Inversement, la population jurassienne  passera à 65’000 habitants à la même époque si les “arrimages” souhaités échouent, mais que l’on concentre l’avenir du Jura sur “son atout numéro un: les paysages” (Le Temps, 14.10.2010)

Récemment, Serge Jubin, correspondant du Temps pour la région jurassienne, affirmait qu’il était essentiel pour le Jura de gagner des habitants. Son argumentaire certes intéressant faisait cependant bon marché de ce qui me paraît être une évidence: la croissance démographique n’est pas une finalité en soi. Elle peut être positive si la qualité de vie est maintenue ou progresse, mais également extrêmement négative si elle est réalisée dans l’anarchie et un manque de respect certain pour notre patrimoine environnemental. Je trouve encourageant que l’on cherche à développer le Jura. Il ne faut cependant pas le faire à n’importe quel prix.

Si les politiciens jurassiens voient le salut démographique de notre région dans le bétonnage fou, je m’y opposerai. Le Safetycar est l’exemple même de ce genre de fausses bonnes solutions. Un nombre impressionnant de terres est sacrifié pour ce circuit, alors que le gain d’emplois est ridicule (3!). Bien évidemment, si tous les jurassiens étaient employés par ce type d’entreprise, le bétonnage de l’intégralité du canton ne suffirait pas à faire vivre les 70’000 habitants que compte notre région. Cet exemple quelque peu loufoque me permet de rappeler qu’il n’est pas souhaitable pour le bien-être de tout un chacun de vouloir le développement, ou ce que certains entendent par là, à n’importe quel prix. Il est positif de faire tous les efforts possibles pour développer harmonieusement notre région, mais il ne faut pas avoir peur de parfois fermer notre porte aux canards boiteux de l’économie.

Étudiant entre autres l’allemand à l’université, il m’arrive régulièrement qu’un copain montre de l’incompréhension à l’égard de mon choix. Celui-ci m’affirme alors qu’il ne suivrait jamais un tel cursus et qu’il balbutie d’ailleurs l’allemand plus qu’il ne le parle. Pourtant, mon interlocuteur a généralement eu durant 5 ou 8 ans des cours d’allemand à l’école. À force d’affronter ce type de situation, j’ai développé une intime conviction: il faut enseigner l’allemand différemment dans le canton du Jura, et peut-être même dans toute la Suisse romande.

Durant un an, j’ai fréquenté un lycée à Berlin et j’ai été impressionné par le niveau de langue de mes camarades d’alors. Une des clefs de ce succès me semblait être la pédagogie radicalement différente dans le domaine des langues étrangères pratiquée en Allemagne. Là-bas, l’accent est mis sur la communication. Ainsi, chacun est tenu de s’exprimer souvent en classe. Et ils ont tout intérêt à s’y mettre, puisque la participation compte à peu près pour moitié dans la note finale. Cette manière d’évaluer est certes légèrement plus subjective qu’un test de grammaire. Les notes mises satisfont cependant généralement tout le monde, puisqu’élèves et enseignants tentent d’arriver à un consensus en classe. De plus, ne faut-il finalement pas choisir une méthode qui fonctionne, même si celle-ci est parfois un tantinet injuste, plutôt qu’une méthode qui échoue lamentablement, mais qui a le mérite d’être d’une justice irréprochable?

Concrètement, je propose que le système éducatif jurassien et d’autres peut-être accordent un tiers de la note finale en allemand à la participation en classe. Il est aujourd’hui temps de se tourner vers une pédagogie efficace des langues étrangères. Le « modèle allemand » fonctionne et je me battrai en politique pour que l’on s’en inspire. Il en va de la vie professionnelle de beaucoup de jeunes Jurassiens, peut-être même du futur de notre canton. Beaucoup de politiciens jurassiens veulent faire un pas vers Bâle. Peu se rendent compte qu’une autre manière d’enseigner l’allemand est essentielle pour y parvenir.

Depuis longtemps, j’estime que la nature préservée du canton du Jura est un atout indéniable. Plutôt que de la brader pour des projets peu créateurs d’emplois et destructeurs de l’environnement tels que le Safetycar à Vendlincourt, il est nécessaire de la mettre davantage en valeur, afin de soigner la qualité de vie des Jurassiens et d’attirer un certain nombre de touristes. Dans cette optique, j’ai différents projets en tête pour encourager le tourisme doux dans le plus jeune des cantons suisses. En voici un exemple.

Les douces collines jurassiennes, ni trop pentues, ni trop monotones, constituent le paysage idéal pour effectuer de belles ballades à vélo. Je suggère ainsi d’instaurer un système de VTT en libre service dans tout le canton. Il serait possible d’en louer à Delémont, Porrentruy, Saint-Ursanne, Saignelégier et éventuellement au Noirmont. L’idée est de rendre la location de ces vélos gratuite si leurs utilisateurs les rapportent dans la localité de location et d’instaurer un prix concurrentiel s’ils les rendent dans un autre lieu. Bien évidemment, ce système entrainerait des coûts. Il est cependant nécessaire de les assumer pour espérer des retombées touristiques dignes de ce nom.

Tout comme c’est déjà le cas à Lausanne, il serait judicieux d’employer des requérants d’asile ou des chômeurs pour s’occuper de la location et des réparations des vélos. Ce système fonctionne merveilleusement bien dans la ville dirigée par Daniel Brélaz, permettant à une population fragile de travailler et entraînant des coûts moindres pour la collectivité. Un partenariat avec les organismes privés déjà présents dans le domaine, c’est-à-dire les CFF, les professionnels du tourisme et les magasins de sport, est bien évidemment envisageable.

Je déplore l’image de la politique véhiculée par la campagne de communication du Conseil Suisse des Activités de Jeunesse , responsable de la promotion et de l’organisation de la Session des Jeunes, qui réunit des politiciens en herbes sous la Coupole fédérale. En choisissant les slogans suivants – « Suivre la coupe du monde depuis des loges VIP! », « Plaisanter avec Obama lors d’une conférence de l’ONU! » ou encore « Voyager en première classe gratuitement! » – les adultes responsables de la communication pour la Session des jeunes mettent en avant le côté « fun » de la politique, afin de viser un public large et moyennement politisé. Cette manière de procéder est à priori intéressante et plein d’humour. Sa concrétisation dans ce cas précis est, cependant, de mauvais goût. Cette campagne de pub est triste, puisqu’elle se concentre sur l’accessoire du métier politique et le fait passer pour l’essentiel. Elle occulte ainsi bien évidemment ce qui devrait être la raison de tout engagement politique: les idées et un grand sens des responsabilités.

J’estime qu’une société dans laquelle les politiciens se préoccupent plus de leur bien-être personnel que de l’avenir de leur pays est une société malade. Il est dès lors regrettable que le Conseil Suisse des Activités de Jeunesse utilise ce type d’argument pour faire de nouveaux émules. N’oublions pas que l’image de la politique est déjà suffisamment écornée auprès d’une bonne partie de la population. Il est dès lors inutile de provoquer des réactions de type « ces politiciens, tous des pourris ». La campagne de pub pour la Session des jeunes produira ainsi peut-être l’inverse de l’effet recherché, c’est-à-dire susciter de l’intérêt pour la politique chez le plus grand nombre. Enfin, les raisonnements encourageant les jeunes à envisager une carrière politique en terme d’efficacité personnelles ont pour effet d’envoyer des jeunes opportunistes vers les partis majoritaires. Est-ce l’effet recherché?

Il s’agit du grand débat politique de cet automne. Tous les politiciens en parlent. Gauche et droite se déchirent sur le sujet. Faut-il oui ou non réformer la LACI, l’assurance-chômage suisse? Parmi les nombreuses dispositions proposées, une quantité non négligeable concerne les jeunes. Dans ce bref papier, nous nous intéresserons donc plus particulièrement à deux mesures de ce type.

Jusqu’à présent, les jeunes sans-emploi sont tenus d’attendre 1 semaine jusqu’au premier versement d’indemnités journalières. La réforme veut faire passer ce délai d’attente à un mois. De cette manière, si tu es un peu ric-rac avec ton budget, à toi de te débrouiller jusqu’au mois suivant. Cette mesure n’est, pourtant, qu’un avant-goût des nouvelles dispositions qui attendent les jeunes.

Dans le monde du travail suisse, il n’est, en effet, pas toujours possible pour un étudiant de trouver un emploi débutant le lendemain de l’obtention de son diplôme. Il n’est ainsi pas rare qu’il passe deux-trois mois au chômage à la fin de ses études, le temps de trouver un emploi correspondant à sa formation. Avec la révision de la LACI, les jeunes diplômés seront priés d’attendre 6 mois avant de percevoir le moindre centime. Comprends-moi bien, un étudiant comme moi, agréablement soutenu par ses parents, n’aura pas trop de problèmes financiers pour franchir ce mauvais cap. En revanche, un collègue de classe issu d’un milieu moins favorisé vivra sûrement les choses d’une toute autre manière. Alors qu’il ne gagnera rien pendant 6 mois, il n’obtiendra également plus les différents avantages offerts aux étudiants et n’aura surtout plus le droit à sa bourse d’étude, qui lui garantissait jusqu’alors environ 1000 francs de rentrée fixe par mois. C’est ainsi que ce jeune-là tombera très rapidement dans la précarité la plus totale.

Aujourd’hui, la société suisse fonctionne suffisamment bien pour qu’elle se montre solidaire à l’égard des plus faibles. Et si tu n’es pas le protagoniste du scénario écrit ci-dessus, ce sera peut-être ton frère, ton amie ou ton enfant dans un avenir plus ou moins proche.

Publié par : jchapat1 | août 17, 2010

À vous de marier les prêtres!

Depuis un certain temps, la question du célibat des prêtres est fréquemment médiatisée. À chaque fois, la même rengaine: la majorité de la communauté des croyants souhaite autoriser le mariage des prêtres. Un certain nombre de religieux sont également de cet avis. Différents individus ou organisations essaient alors de faire pression sur le Vatican, afin que celui-ci réexamine le statut des prêtres. Dernière tentative en date: une pétition lancée par deux députés jurassiens. Cette excellente initiative est pourtant vouée à l’échec. En 2000, une pétition analogue est déjà restée lettre morte. Face à l’obstination du Vatican à ne pas évoluer avec la société qui l’entoure, il est aujourd’hui temps de se demander si l’État ne devrait pas intervenir et contraindre l’Église catholique à autoriser le mariage des prêtres en Suisse.

Il est vrai que ce n’est généralement pas le rôle de l’État de s’ingérer dans les affaires religieuses. Dans ce cas précis, je vois pourtant une bonne raison d’intervenir: le Vatican ne tient apparemment pas compte de l’avis des principaux concernés, c’est-à-dire les prêtres, les diacres et les croyants. Les citoyens suisses ne sont-ils dès lors pas en droit de réclamer un fonctionnement plus ouvert de la part d’une église catholique très hiérarchisée et peu démocratique?

Sans doute ne serait-ce pas à l’intégralité de la population de se prononcer sur une telle mesure, puisque les non-catholiques ne sont pas viscéralement concernés. C’est la raison pour laquelle il est envisageable d’organiser exceptionnellement un scrutin auquel seuls les catholiques auraient le droit de participer.

À l’heure où l’Église catholique peine à trouver de la relève et est mêlée épisodiquement à des scandales, on est en droit de se demander si ce petit coup de pouce de la part des citoyens ne serait pas le bienvenu.

N’hésite pas à réagir à cette prise de position pas très catholique.

Publié par : jchapat1 | août 2, 2010

Portrait dans le Migros Magazine

Pour son numéro du 26 juillet 2010, le Migros Magazine a réalisé une courte enquête sur l’implication paraît-il grandissante des jeunes en politique. Dans ce cadre, un bref portrait m’a été consacré.  Je vous le livre ci-dessous. Je me permets de le commenter (en vert), puisque la journaliste a retranscrit en grande partie la réalité, mais a tout de même maladroitement interprété quelques-uns de mes propos.

“Lors d’une année d’échange au lycée à Berlin, en 2005, Josquin tombe en pleines élections allemandes et se passionne pour Die Linke, un mouvement de gauche écologique (Je ne me suis jamais passionné pour Die Linke, un parti que je vois certes d’un bon oeil, puisqu’il s’agit d’une force de gauche pouvant conquérir les voix populaires, mais qui ne représente de loin pas la majeure partie de mes idées. La journaliste a ici confondu plusieurs points de notre entretien. Je lui avais dit que Die Linke avait fait une bonne campagne en 2009 – et pas en 2005. Ce n’était cependant pas le militant qui parlait, mais le politologue en herbe, qui pouvait considérer avec intérêt le fonctionnement d’une campagne, peu importe quel parti la menait.). De retour à Porrentruy, il est sollicité pour compléter la liste verte pour les élections cantonales de 2006. Deux ans plus tard, il crée avec un ami la section jurassienne des Jeunes Vert-e-s, dont il devient porte-parole. En automne, il y aura de nouveau des élections. Ça tombe bien, Josquin a plein d’idées pour présenter le programme du parti: «Nous allons faire un tour du canton à vélo, fin août. Nous avons déjà fait une action en distribuant des cartons verts aux pollueurs.» (Nous n’avons pas distribué ces cartons aux pollueurs, mais à de simples passants. Ce n’était d’ailleurs pas ces personnes qui étaient visées par l’action, mais différentes politiques du Parlement et du Gouvernement jurassiens. Ces cartons ne mettaient pas uniquement en évidence la pollution, mais aussi d’autres problèmes, tel que le copinage en politique. Contrairement aux clichés, les Verts ont également d’autres préoccupations que l’écologie!) Passionné de marketing électoral et de stratégie de communication, l’étudiant en sciences politiques a également réalisé un film sur le financement des partis politiques.”

Merci tout de même à la journaliste pour son travail et son intérêt.

Publié par : jchapat1 | juillet 6, 2010

Mon modèle de société: la décentralisation

Genève souffre actuellement d’une crise du logement sans précédent (compter 1’400 Francs environ pour un modeste deux pièces), de routes et de transports publics bondés et d’une nature de moins en mois présente. Pourtant, la plupart des politiciens genevois souhaitent encore plus de croissance économique et démographique pour leur ville. Est-ce vraiment de cela dont Genève a besoin en ce début de 21ème siècle? J’en doute. Ne serait-ce pas plus utile de mener une politique visant à améliorer le cadre et la qualité de vie, plutôt que de devoir en permanence bricoler face à l’afflux impressionnant de nouveaux habitants? Bref, ne faudrait-il pas privilégier la qualité  à la quantité?

Ce constat met en avant un paradoxe flagrant traversant notre société. Certaines régions, principalement les grands centres urbains, se développent à « vitesse grand V », tandis que les régions périphériques stagnent ou perdent parfois même des habitants. Celles-ci se croient alors condamnées à accepter des projets économiques aux fins souvent douteuses, tels l’usine d’agrocarburants à Delémont, de peur de rester définitivement sur la touche.

Imaginez, si un pourcent de l’économie genevoise  était transposée dans le Jura, plusieurs milliers d’emplois pour notre région seraient créés. Cela offrirait également aux Genevois de multiples avantages, comme par exemple de libérer bon nombre de logements. En reprenant le mot de Benjamin Constant, vous me répondrez qu’ “il se peut que ce soit juste en théorie, mais en pratique, cela ne vaut rien.” Et vous n’avez pas entièrement tort. Il y a un pas entre l’idéal et la réalité. Cependant, une répartition plus décentralisée des emplois est possible. En Suisse, il règne une certaine culture de la décentralisation. Celle-ci pourrait par contre être encore plus poussée.

Il est difficile de forcer une entreprise à s’installer là où elle ne le souhaite pas. C’est pourquoi l’État devrait être le premier à faire le pas. Celui-ci pourrait par exemple décentraliser une plus grande partie de son administration et des entreprises publiques dans les régions périphériques. J’ai récemment été interloqué d’apprendre que les CFF avaient décidé de centraliser leur centre d’exploitation pour le réseau romand à Lausanne en supprimant ainsi les centres de Bienne et d’autres villes. Pourtant, Lausanne souffre des mêmes problèmes que Genève. La crise du logement y est plus préoccupante que la création d’emplois. D’après moi, il aurait été donc plus judicieux de placer cette “tour de contrôle du rail” dans une ville ayant besoin d’emplois et néanmoins au centre de l’activité ferr0viaire suisse, telle que Bienne ou  Delémont. Le même raisonnement vaut pour le rapport entre la ville et la périphérie à l’intérieur même de certains cantons.

Pour certains secteurs de l’économie, il est essentiel de situer son entreprise dans une région ou un lieu dans lequel d’autres entreprises actives dans la même branche ont leur siège. Cet aspect-là est à prendre en considération. Et c’est une des raisons pour lesquelles il n’est pas possible de délocaliser n’importe quelle boîte n’importe où. Pour cette raison, il serait intéressant que la Confédération mène une étude afin de comprendre quels services des entreprises d’État et quelles parties de l’administration pourraient être facilement déplacés en périphérie.

Pour conclure, plusieurs chercheurs ont établi au Québec un indice relatif de bonheur afin d’évaluer le degré de satisfaction des gens.  Une de leurs conclusions était que les habitant de petites villes étaient comparativement plus heureux que les citoyens de grandes agglomérations. Ainsi, le modèle de société que je suggère dans ce texte, plus de décentralisation des emplois, aurait sûrement pour effet de rendre  les Romands plus heureux. À bon entendeur.

Je prends acte de la décision du PDC de ne pas soutenir une commision d’enquête parlementaire. Je suis par contre sidéré de voir les arguments avancés pour justifier cette décision. Les Démocrates-Chrétiens, emmenés par leur président, accusent l’UBS et ses dirigeants de tous les maux et insistent à de nombreuses reprises sur le fait que la plus grande banque suisse était l’unique responsable du désastre. Ainsi, Christophe Darbellay estimait mardi à Infrarouge qu’Ospel et compagnie étaient des « pyromanes » et qu’ils faisaient partie de la « Champions League des tricheurs ». Même son de cloche dans le Temps: « le PDC se plaît à rappeler que la responsabilité principale de toute cette débâcle revient à l’UBS. »

Face à ses déclarations tranchées, je souhaite rappeler à mes quelques lecteurs que l’UBS a été l’un des plus gros, si ce n’est le plus gros donateur du PDC pendant des années. Christophe Darbellay et ses collègues de parti ont ainsi été complices de la politique parfois exécrable de l’UBS, voire même ses plus ardents défenseurs. On est ainsi en mesure de se poser la question de savoir si Christophe Darbellay fait partie de la Champions League des amnésiques, ou alors de celle des politiciens de mauvaise foi…

Lorsque l’on parle de l’affaire UBS, il faut que les problèmes liés au financement des partis soient rappelés. Les Démocrates-Chrétiens ont le droit de fustiger l’UBS. Ils ne doivent cependant pas oublier l’ancienne (et sûrement la future) proximité qui liait leur parti à la plus grande banque suisse. Permettez-moi de le leur rappeler. Et d’exiger évidemment une transparence accrue pour ce qui est du financement des partis politiques suisses.

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