Bien que souhaitant la même issue à la votation populaire du 13 février prochain, je porte un regard critique sur les affiches du comité d’initiatives « pour la protection face à la violence des armes. »
Sur les affiches en question, flanquées du slogan « protégeons la famille », un ours en peluche est couché sur le côté, une marque rouge sur la poitrine. En résumé, une peluche tachée d’un peu de ketchup est sensée sensibiliser la majorité des Suisses à la problématique des armes à feu à domicile. Cette affiche est mauvaise et peut-être même mensongère. Mauvaise, parce qu’elle ne suscite aucune réaction, ne provoque aucune émotion, hormis peut-être chez les enfants, tristes d’imaginer l’ourson mort. Malheureusement, ces derniers n’ont pas encore le droit de vote. De plus, les recherches en marketing politique ont aujourd’hui prouvé que les affiches « légères » comme celle du comité d’initiative ne sont efficaces que si elles sont placardées à de nombreux endroits et vues plusieurs fois par les votants potentiels, ce qui ne semble par être le cas de l’affiche en question. Il aurait donc été préférable d’opter pour une affiche marquant directement celui qui la regarde.
Outre le fait d’être médiocre, cette affiche est mensongère, puisqu’en utilisant des symboles positifs, elle fait passer les meurtres à l’arme militaire pour des faits banals, voire anodins. Comment voulez-vous, en effet, montrer aux votants qu’il s’agit d’un sujet extrêmement grave si l’affiche n’est ornée que d’une quelconque peluche? Une affiche exposant clairement le problème et susceptible de choquer celui qui la regard aurait du être préférée à la version actuelle. J’estime que les affiches chocs sont malvenues lorsque le message qu’elles transmettent ne reflète pas la réalité ou procède de raccourcis simplistes. Il ne faut, en revanche, pas hésiter à marquer les esprits lorsque la réalité que l’on souhaite transmettre avec l’affiche est d’une violence inouïe. La votation pour la protection face à la violence des armes ne porte, en effet, pas sur le taux de peluches par enfant en Suisse, mais bel et bien sur des drames atroces, des meurtres enlevant à intervalle régulier la vie à un ou généralement une de nos compatriotes. Cacher cette vérité sur l’affiche relève donc presque du mensonge.
Critique quant à la forme, je soutiens, en revanche, totalement cette initiative sur le fond et vous invite à aller voter le 13 février prochain.
N’hésite pas à réagir.
