Étudiant entre autres l’allemand à l’université, il m’arrive régulièrement qu’un copain montre de l’incompréhension à l’égard de mon choix. Celui-ci m’affirme alors qu’il ne suivrait jamais un tel cursus et qu’il balbutie d’ailleurs l’allemand plus qu’il ne le parle. Pourtant, mon interlocuteur a généralement eu durant 5 ou 8 ans des cours d’allemand à l’école. À force d’affronter ce type de situation, j’ai développé une intime conviction: il faut enseigner l’allemand différemment dans le canton du Jura, et peut-être même dans toute la Suisse romande.
Durant un an, j’ai fréquenté un lycée à Berlin et j’ai été impressionné par le niveau de langue de mes camarades d’alors. Une des clefs de ce succès me semblait être la pédagogie radicalement différente dans le domaine des langues étrangères pratiquée en Allemagne. Là-bas, l’accent est mis sur la communication. Ainsi, chacun est tenu de s’exprimer souvent en classe. Et ils ont tout intérêt à s’y mettre, puisque la participation compte à peu près pour moitié dans la note finale. Cette manière d’évaluer est certes légèrement plus subjective qu’un test de grammaire. Les notes mises satisfont cependant généralement tout le monde, puisqu’élèves et enseignants tentent d’arriver à un consensus en classe. De plus, ne faut-il finalement pas choisir une méthode qui fonctionne, même si celle-ci est parfois un tantinet injuste, plutôt qu’une méthode qui échoue lamentablement, mais qui a le mérite d’être d’une justice irréprochable?
Concrètement, je propose que le système éducatif jurassien et d’autres peut-être accordent un tiers de la note finale en allemand à la participation en classe. Il est aujourd’hui temps de se tourner vers une pédagogie efficace des langues étrangères. Le « modèle allemand » fonctionne et je me battrai en politique pour que l’on s’en inspire. Il en va de la vie professionnelle de beaucoup de jeunes Jurassiens, peut-être même du futur de notre canton. Beaucoup de politiciens jurassiens veulent faire un pas vers Bâle. Peu se rendent compte qu’une autre manière d’enseigner l’allemand est essentielle pour y parvenir.
Salut Josquin. J’apporte de l’eau à ton moulin. J’ai eu le privilège de suivre durant 2 ans en 1966, un cours d’allemand audio-visuel à l’école secondaire. C’est durant ces deux ans où l’on a porté l’accent sur la communication que j’ai constitué mon fond de commerce, celui que j’utilise encore aujourd’hui, dans cette langue. De ce que j’ai étudié ensuite (peu il est vrai) je n’ai que très peu retenu, et en tout cas pas une plus grande faculté d’expression. C’était un projet pilote qui n’a pas été retenu.
Par Jacques Chételat le octobre 15, 2010
à 1:58
Salut Joss,
Je suis complètement d’accord avec toi; il faut à tout prix miser beaucoup plus sur le travail oral dans l’enseignement des langues étrangères.
Un argument supplémentaire me ferait même aller bien plus loin: comme tu le sais, Noam Chomsky, linguiste de renommée, avait scientifiquement prouvé que les enfants jusqu’à l’âge de 8-9 ans portaient en eux une compétence linguistique absolue, leur facilitant l’apprentissage d’une langue étrangère, et leur permettant de parler ensuite sans le moindre accent.
Je pense tout comme toi qu’il est nécessaire de réformer la manière d’enseigner; je pense toutefois également qu’il faut commencer bien plus tôt, dès l’âge de 6-7 ans déjà. Le Jura pourrait servir de cobaye à la Suisse; il faut toujours quelqu’un pour lancer le mouvement dans ce pays où la lenteur des institutions ne fait pas toujours que merveille!
Bien à toi, et, chouette blog!
A+
Par Cédric Margot le octobre 25, 2010
à 11:25